Rencontre FNCTA : Droits d’auteurs, parlons-en !


L’ADEC 56 et l’Union Régionale de la FNCTA invitent toutes les troupes, ateliers, praticiens du théâtre à venir poser leurs questions, à échanger et débattre avec Gilles El Zaïm, délégué général de la FNCTA.

Questions de droits d’auteurs

Le Comité Départemental 56 invite toutes les troupes, ateliers, praticiens du Morbihan et au-delà à venir poser leurs questions, à échanger et débattre avec Gilles El Zaïm, délégué général FNCTA Nous avions évoqué l’épineuse question des droits d’auteur lors des AG de novembre 2018. Voici l’occasion de remettre ce sujet (et d’autres) sur le tapis avec la seule fédération qui représente exclusivement les praticiens de théâtre en amateur jusqu’au ministère de la culture.
Pour mieux préparer cette matinée, faites remonter vos questions à cd56@fncta.fr
Rendez- vous le vendredi 31 mai au matin à Josselin.

La FNCTA (Fédération Nationale des Compagnies de Théâtre et d’Animation) rassemble ceux qui partagent, en amateur, la passion du théâtre et le plaisir de jouer. Avec 1700 compagnies et près de 20 000 licenciés, elle est la seule fédération nationale entièrement dédiée au théâtre en amateur.

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Partagez vos témoignages à cd56@fncta.fr !

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Cri d’un écrit :
œuvre en grand danger

A l’aide, au secours, haro, j’étouffe ! J’ai perdu ma liberté, mon autonomie, mon pouvoir, mes droits, ma raison d’être.
Assignée en résidence, en rétention provisoire mais qui s’éternise, je suis victime d’une exclusivité étendue, devenue propriété réservée, sous le joug d’exploitants en vertu d’un droit certes, mais d’un droit abusif, d’une règle léonine, réservé au seul usage d’un unique producteur et ce sur une très longue période, habillée d’un harnais que tout exploitant met à son exploité pour en tirer un profit pécuniaire.
Ah, ce monopole d’exploitation, ce droit patrimonial outrancier attaché au droit d’auteur !
Je tairai mon identité par peur de représailles, je suis otage depuis plusieurs années d’entrepreneurs producteurs de spectacles exploitants de salles, et ce au nom de la protection que m’apporte mon auteure, et plus particulièrement les ayants droits et la maison d’édition.
La locution "droit d’auteur" fait référence à tous les droits et les revenus financiers dont les auteurs peuvent bénéficier, à savoir la protection de leur oeuvre contre le plagiat ou son exploitation sans autorisation (dictionnaire).
Jusque- là, à- peu- près d’accord. Le droit d’auteur est essentiel à la créativité humaine, apportant une reconnaissance et une rémunération équitable. Cependant, il ne faudrait pas que ce droit devienne un frein, voire un abus de droit qui pourrait avoir des conséquences néfastes sur l’intérêt général, le bien commun qu’est la culture, l’éducation, l’information, la pédagogie, la sécurité, la sauvegarde de la démocratie, etc …
La clause d’exclusivité qui me concerne entrave « la libre circulation des connaissances »(cf Proudhon) et ne fait pas davantage profiter l’auteur ou l’éditeur. Cet état de fait est frustrant, car un spectacle amateur ne viendra jamais concurrencer un spectacle professionnel bien au contraire, il peut inviter les spectateurs à aller voir d’autre théâtre. Et surtout, je suis empêchée de remplir ma mission dans ce monde tourmenté où monte l’intolérance, et où se pointe le monstre du nazisme, car la bête n’est pas morte ! Ah, que les Compagnies amateurs puissent m’accueillir en tant que texte fort et important pour la mémoire de tous, au thème universel et décrivant les ravages de l’endoctrinement en général et que je dois être jouée le plus possible pour prévenir de la montée des extrémismes dans notre pays, et sensibiliser en particulier les élèves à cette problématique !
Pour conclure, proposons au législateur de travailler à l’élaboration d’une loi sur les Droits de l’œuvre, pour rétablir un équilibre avec les Droits d’Auteur, que la SACD devienne SODA, société des œuvres d’art, pour donner à l’œuvre toute son identité , et qu’elle incarne la devise de la République , liberté de choisir sa vie, égalité dans son traitement et fraternité dans son esprit .
« Nous voici au bord du vide puisque nous cherchons partout le visage que nous avons perdu. Il était notre avenir et nous avons perdu notre avenir. Il était des nôtres et nous avons perdu cette part de nous-mêmes. Il nous questionnait et nous avons perdu sa question. Nous voici seuls, nos lèvres serrées sur nos pourquoi. Nous sommes venus venus ici chercher, chercher quelqu’un ou quelque chose, chercher cet amour plus fort que la mort » Paul Eluard
L’auteur n’est pas propriétaire de l’œuvre, mais restera toujours son parent

Jo JOUBEL
Plateau en toute liberté, Lorient

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Ces dernières saisons, de nombreuses troupes alertent l’ADEC 56 sur la perte ou le refus d’accord de droits d’auteurs pour les textes qu’elles choisissent de mettre en scène.

Déjà, en 2014, six équipes dans ce cas de figure s’étaient mobilisées lorsque la Théâtrothèque avait organisé une rencontre avec la SACD dans le cadre de la réforme de la branche amateur. A l’époque nous nous étions demandé : hasard ou situation de plus en plus répandue… ? La question reste malheureusement toujours d’actualité. Chaque saison depuis, la Théâtrothèque accueille des amateurs en quête d’un nouveau support de jeu. Et leur nombre ne décroît pas.

Alors, l’exclusivité ou le refus aux amateurs : malheureux hasard ou nouvelle tendance ?
Ces déceptions semblent se retrouver sur toute sorte de répertoire : pas uniquement du « théâtre privé » et pas forcément des textes actuellement à l’affiche…
Alors que nous fêtons la loi pour la liberté de la création qui inclus si bien les amateurs, il est fort dommage de constater que des auteurs ou des ayant droits kidnappent en quelque sorte cette liberté aux amateurs… ! Comment - a priori de tout projet - refuser des droits pour ce que nous sommes et non pas pour ce que nous ferons ? … Fort dommage.

Alors, l’exclusivité ou le refus aux amateurs : hasard ou nouvelle tendance ?
La motivation de certaines équipe est telle pour un texte qui a retenu leur attention, qu’elles patientent le temps de ce mandat d’exclusivité. Quelle n’est pas leur déception quand ces exclusivités sont finalement reconduites avant même leur échéance annoncée.
La création artistique est-elle désormais tout à fait contaminée par le marché et la multiplicité des interprétations désormais lue comme de la concurrence ?
Application d’autant plus difficilement audible pour les amateurs puisqu’ils ne s’inscrivent pas dans le secteur marchand.

Depuis cette soirée de rencontre et par vos témoignages, cette réflexion anime les représentants de l’ADEC 56. La Journée portes ouvertes de la Théâtrothèque, en octobre dernier, posait aussi cette question à Blandine Pelissier en tant qu’auteur membre du Conseil d’administration de la SACD. La dernière Assemblée Générale la partageait également. Poursuivons.

Sans doute le théâtre des amateurs a encore du chemin à faire pour faire entendre ses qualités, son engagement, sa sincérité et sa recherche artistique. Par les recherches, les expériences, par les créations initiées, les ADEC contribuent à partager ces dimensions d’un théâtre encore trop souvent disqualifié.

Sans doute manque-t-il d’une définition propre aux amateurs. Une définition qui vient à côté de celle de « l’exploitation d’une œuvre », celle de « l’exploration d’une œuvre ». La troupe de théâtre en amateur, en s’emparant d’un texte « entre par le faire’ » dans l’œuvre : être amateur c’est être faiseur. Être amateur c’est plonger dans un processus : chercher, apprendre le geste par l’expérimentation. Être amateur ce n’est pas exploiter un texte, c’est l’explorer.

Ouvrons grand le débat et la mobilisation.
Rassemblons-nous à la rencontre organisée par l’ADEC 56 et l’Union Régionale FNCTA vendredi 31 mai 2019.

Anne-Cécile Voisin
Déléguée de l’ADEC 56.


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